En février l’Université de Lausanne a viré le professeur invité Joseph Daher en raison de sa participation à la mobilisation contre le génocide en cours à Gaza et pour le boycott académique des universités israéliennes. La chose n’a pas été présentée de cette façon, bien évidemment, mais il n’est pas difficile de lire la verité derrière les mots creux de l’UNIL : « non renouvellement » du contract en raison du fait que Daher aurait prêté sa carte d’accès à une étudiante externe à l’UNIL. En plus de cela, l’UNIL a procédé d’une manière telle à rendre très difficile, voire impossible, à Joseph Daher de se défendre [1]. Cette procédure arbitraire a été même condamnée par le Conseil de faculté de sciences sociales et politiques de l’UNIL à travers une résolution approuvée à l’unanimité, et des centaines des collègues de l’UNIL et d’autres universités suisses lui ont manifesté leur solidarité [2],
Début octobre 2024 Gina Romero, rapporteuse spéciale sur les droits à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’association, recommandait aux universités de changer leur attitude face à la vague de mobilisation en soutien à la Palestine qui partout dans le monde, Suisse comprise, avait déferlé dépuis le printemps [3]. Dans l’espèce, elle recommandait de cesser la stigmatisation et les hostilités qui, directement ou indirectement, réduisent au silence les membres de la communauté universitaire et découragent l’exercice de leurs droits à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association.
L’UNIL a donc réussi à bafouer d’un seul coup les recommandations des Nations Unies, les droits syndicaux d’un de ses employéexs et la voix des milliers d’étudiantexs et de travailleureusexs de l’université qui se sont mobiliséexs le printemps passé et qui continuent de le faire. Ce qui se passe maintenant à Lausanne est d’ailleurs la suite logique de la répression ce nous avons vu se déployer au fur et à mesure que les mobilisations gagnaient d’ampleure : violentes interventions de la police partout en Suisse, arrestations à Unimail, disqualification systématique de toute prise de position contre le génocide à Gaza et en soutien du boycott académique en raison d’un prétendu « militantisme » (ou bel et bien d’antisémitisme), étouffement de la contestation au nom de la « neutralité académique » et du « vivre ensemble ».
Cet épisode nous montre maintenant, et une fois de plus, le creux derrière les valeurs pourtant célebrées des universités et en général de la démocratie occidentale : on peut jouir de tous ses droits seulement si l’on ne critique pas, si l’on accepte de ne pas sortir du périmètre de ce qui à chaque fois est établi comme acceptable (par Swissuniversities, par Fréderic Herman ou par Audrey Leuba…).
L’attaque contre Joseph Daher est une attaque contre touxtes les étudiantexs, les cherchereusexs et les professeurexs qui se sont mobiliséexs contre le genocide en cours à Gaza et en soutien de du peuple palestinien.
[2] https://clads.ch/solidarite-joseph-daher/
[3] https://aurdip.org/la-liberte-dexpression-dans-les-universites


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