Regard Critique n°48

Le nouveau Regard Critique n°48 est sorti, vous le trouverez disponible ici.

« L’automne 2015 a vu l’émergence à Genève de puissants mouvements sociaux à l’encontre des nombreuses coupures annoncées par le Conseil d’État. Ces mobilisations ont permis de rappeler à toutes que la Suisse et Genève ne sont pas de îles à l’abri des lames de fond néoliberales secouant les sociétés globalisées, la notre incluse. Les processus austériaires à l’œuvre chez nos voisines directes comme dans chez plus lointaines le sont, sans surprise, aussi chez nous.

A titre de rappel, il y a maintenant 8 ans que l’Europe est secouée par ce que les observatrices[1] ont qualifiés de « crise économique sans précédents ». Partie des milieux de la finance et propagée au monde par ces mêmes milieux, elle a été suivie par une vague généralisée de mesures d’austérité et de « sauvetage », absolument nécessaires pour venir en aide aux instituions à l’origine de leur propre perte. Profitons de relever en passant que ces mesures ont su dans l’immense majorité des cas faire preuve de leur inefficacité à assainir nos économies (ultra)libérales ; à moins que les objectifs avoués n’aient pas été les réelles motivations des décideuses…

Toujours est-il que, dès lors, médias et politiques ne cessent de rappeler à qui veut l’entendre qu’il n’y a plus d’argent, qu’il faut faire des efforts, réduire les dépenses, que l’Etat doit se dégraisser, le peuple travailler plus longtemps, les entreprises se restructurer (entendez, baisser les salaires et licencier). Cependant, dans le même temps, la production de richesses n’a pourtant cessé d’augmenter et les inégalités de se creuser.

Austérité et relance par les conditions cadres (baisses d’impôts, et destruction du code du travail par exemple), la recette appliquée est la même pour toutes ; bien que chaque Etat adopte des variantes, le fond reste identique. Etant donné que les contextes suisse et genevois en sont très marqués, le comité de la CUAE a jugé utile d’y dédier ce numéro afin de livrer des analyses sur les causes et les conséquences de ces politiques tant à l’Université que sur la société.

Le monde n’a jamais produit autant de richesses et pourtant on tente de nous convaincre qu’il en manque partout. Imposture ! Démystifions-la ensemble ! Ce journal tente d’apporter certains des outils indispensables à cette tâche, mais d’autres seront nécessaires et ce journal ne suffira pas à nous défaire des chimères que le néolibéralisme a créées pour nous guider. »

[1] Les termes au féminin s’entendent à toutes les identités de genre