Bologne et la non-mobilité

Plusieurs années après que la CUAE l’ait déclaré haut et fort, d’autres organismes se rendent enfin comptent de l’inefficacité de la réforme dite « de Bologne » en ce qui concerne l’accroissement de la mobilité des étudiantes.

Rappelez-vous, favoriser la mobilité était le leitmotiv préféré de Charles Beer qui, malheureusement, sévissait déjà au Département de l’Instruction Publique. On constate donc que le seul argument « vendeur » auprès des étudiantes étaient faux.

Les autres arguments avancés alors sont d’avantage lié à la création d’un marché européen des universités et aux besoins d’une meilleure lisibilité des diplômes pour les entreprises. Ainsi, nous pouvons aujourd’hui le ré-affirmer, Bologne n’avait aucun intérêt pour les étudiantes et se résume à un cadeau fait aux milieux économiques. Après l’Union National des Étudiant-e-s Suisses et la Conférence des Recteurs des Universités Suisses en septembre dernier, c’est au tour des autorités françaises de reconnaître que Bologne n’a pas amélioré la mobilité. Mme Pécresse reconnaît même que la mobilité ne concerne qu’une minorité d’étudiantes « inité[e]s et aisé[e]s ».

Ce constat, largement répandu, est également à mettre en lien avec les recommandations émises par les autorités académiques – et autres indicateurs – qui visent à ce que seules les personnes inscrites dans un réseau européen de recherche ou ayant passé plusieurs semestres dans une université étrangère puissent faire une carrière académique.

En conclusion, la mobilité est un nouveau critère d’excellence qui ne fait que reproduire les différences socio-économiques des individus. En d’autres termes, il s’agit du nouvel outil permettant de fermer l’accès de la recherche et des professions académiques aux classes les plus défavorisés.