Soutien aux étudiantEs en lutte contre la sélection à l’entrée dans les universités françaises

Le paysage universitaire français fait beaucoup parler de lui ces derniers temps. De Bordeaux à Dijon, de Montpellier à Paris, les étudiant.e.x.s s’organisent. Jusqu’alors les critiques du système de formation supérieure classiste, raciste et sexiste ainsi que la volonté d’étudier autrement ont perduré. Toutefois, c’est aujourd’hui – par le biais des différentes mobilisations collectives- que reviennent à l’ordre du jour ces réflexions et ces luttes, tout en visibilisant la nécessité de ces dernières.

Ces mobilisations, pour lutter contre la réforme de l’université visant à parfaire le système le système de sélection pour l’accès à la formation supérieure, sont multiples. A la fois locales et globales, elles tendent à mettre au centre des réflexions les logiques néolibérales qui régissent, en France et partout ailleurs, l’éducation et la formation supérieure. Ces mobilisations cherchent aussi à croire et à construire d’autres formes d’apprentissage, de partage et de transmission des savoirs. Tout cela en s’organisant collectivement, par le biais d’actions directes, de concertations participatives et d’une convergence des luttes (avec la ZAD de Notre-Dame des Landes, avec les cheminot.e.s en grève, avec le personnel de la santé en lute,…). Et ce, dans le but non seulement de refuser les logiques actuelles mais aussi dans la volonté de prouver la force de groupes qui s’organisent.

Que dire alors des violences institutionnelles et policières, seule réponse étatique face à la critique d’un système éducatif vecteur de reproduction sociale et de discriminations structurelles ? Que penser de la complicité des structures internes aux différentes universités face à ces actes de violence intolérables ?

Cela démontre à quel point le système néolibéral a besoin de la répression pour asseoir ses objectifs destinés aux castes dominantes et non pas à tout un.e.x chacun.e.x. Cette escalade repressive témoigne de la volonté de supprimer toute contestation sociale quant à l’ordre établi.

C’est par l’occupation des bâtiments des différentes universités que certains de ces groupes cherchent à visibiliser, faire entendre leurs voix et asseoir leurs luttes.

Depuis la Suisse, nous, étudiant.e.x.s de l’université de Genève, appelons à la solidarité avec nos camarades en lutte, en France et partout ailleurs. Parce que, nous nous battons également contre des logiques d’austérité qui tendent à transformer les lieux de formation en entreprise et le savoir en marchandise. Et ce, notamment au travers de la coordination nationale AKEDUC et de la manifestation nationale du 24 mars à Berne contre les hausses des taxes généralisées dans les lieux de formation en Suisse.

Parce que nous ne sommes pas les « entrepreneuses de nous même profitant au système économique et social élitiste » ni « le capital humain » essentiel à l’enrichissement des dominants.

Parce que nous luttons contre l’élitisation des études, que ce soit sous la forme de hausses des taxes ou d’une réforme de la sélection universitaire.

Parce que nous croyons que les lieux de savoirs doivent être des lieux ouverts, débarrassés de toute forme d’oppression.

Parce que nous voulons que l’université soit un lieu de partage, de transmission de connaissances, un espace d’échange et inclusif, fait par et pour les étudiant.e.x.s.

Depuis Genève, nous affirmons par ce texte notre soutien à toutes les universités bloquées ces dernières semaines et condamnons les actes de violence inouïs commis par l’Etat français et sa police. Nous affirmons également notre soutien particulier à toutes les personnes blessé.e.x.s dans leur intégrité des suites des interventions policières survenues ces derniers jours partout en France afin d’enrayer la mobilisation sociales.

Si seule la lutte paye alors luttons ensemble pour des lieux de formation qui nous ressemblent !

Le Comité de la CUAE